Murmurant des secrets, jouait dans mes cheveux
J'avançais ce jour là dans une forêt grise
(-Gratte-ciels, de là-haut, pouvez-vous voir les Dieux?)
J'admirai les feuilles et leurs doux reflets verts,
Entre des gens pressés s'ouvraient quelques bourgeons,
Et si ils étaient hommes, sauraient-ils me plaire,
Ces parcelles d'existence, dans ce champ de maisons ?
Autour de moi soudain une atmosphère étrange
Tonnerre et pluie: le Ciel se faisait musicien
Tous cherchaient un abri, fuyant les pleurs des anges.
L'orage me conta alors mes lendemains...
Il me parla d'Amour, Bonheur et Liberté,
Ces trois Dieux capricieux qui gouvernent nos pairs,
Jouant avec nos vies, sans coeur et sans pitié,
(-Ils se font désirer et jouent les éphémères !)
Ces trois-là, selon lui, dans leur grande largesse,
Auraient à mon égard un dessein idyllique:
Pour mettre fin à mon ennui et ma tristesse
Ils m'enverraient l'Amour réciproque et épique !
Et lorsqu'il m'eût conté ces heureuses nouvelles,
L'orage s'éloigna, impassible et puissant
Laissant derrière lui, dans l'étrange ruelle
Bordée de jeunes fleurs, une odeur de printemps...
Et je n'aurais pas cru les dires de la pluie
Si je n'avais croisé en ce jour ton regard;
Mais tu m'as donné foi en cette prophétie.
(-Ainsi a commencé le doux temps de l'espoir...)
Depuis ce jour mon coeur est prisonnier du tien,
Et chacun de mes pas guidé par cet amour;
La clef de mon bonheur, c'est toi qui la détiens.
(-Quand tu es là les jours me paraissent trop courts...)

